Située le long de la Corniche-Ouest sur l'axe de l'avenue Malick Sy, la porte du 3e
millénaire inauguré le 03 avril 2001,
est l’un des lieux où convergent nombres de personnes soit pour se détendre
soit pour une activité économique.
| La Porte du Millénaire |
Monument de couleur beige composé de trois portes de taille
différente où est assis sur la deuxième ouverture, une femme en or, trompette à
la bouche faisant face à la mosquée omarienne Seydou Nourou Tall. L’espace
destiné à contenir l’eau de la fontaine est sec et sert maintenant de dépotoir
d’ordure.
L’esplanade de 15 000 m² présenté au public par le président Abdoulaye
Wade aux côtés de Mohammed VI, roi du Maroc est « le point de ralliement de
toutes les catégories sociales » dit l’enseignant Alioune Sarr, adossé sur le
mur de la première porte, qui se rapporte à l'aventure humaine incarnée par le
premier millénaire, qui constitue une acquisition des connaissances bénéficiant
de moyens limités.
Diverses activités comme le sport, «les sportifs aiment ce
lieu pour sa tranquillité et sa proximité avec la mer » dit Modou Ndiaye, habitant de la Médina. Pour
d’autres, l’envie de profiter de la
brise marine justifie leur présence sur
ce lieu comme l’atteste Alpha Diallo,
« cette place nous permet de changer les
idées et se souvenir du vieux temps. «
C’est l’endroit idéal», poursuit-il avec à un cure-dents en main.
Des hommes assis sur les marches au-dessus des desquelles
sont placées des plaques de vitres où est écrit « La Porte du millénaire »,
échangent sur leurs activités de la semaine. «Nous nous rejoignons là
pratiquement tous les jours pour sortir du quotidien de nos foyers », ajoute M.
Diallo interrompant instantanément la conversation avec ses amis installés sous
la troisième porte et la plus grande, qui symbolise l'ère de la communication, le village
planétaire. Tournée vers le monde, elle se veut aussi message d'espoir pour
l’Afrique.
Le samedi soir, dès le coucher du soleil, les banquettes
installées tout le long des allées de ce monument sont presque toutes occupées.
Une pancarte érigée sur laquelle est dessiné un homme en noir inscrit dans un
cercle blanc, barré par un trait rouge, informe de l’interdiction à la baignade sur
cette plage.
Plus loin sur la bande de sable, des athlètes,
particulièrement des lutteurs tonifient leurs muscles sous la brise du soir et
le bruit des vagues qui rongent peu à peu la petite falaise qui sert de sous
bassement au monument. D’autres courent en file indienne puis exécutent des
prises de lutte. La sueur dégouline sur
le visage du professionnel de lutte de forte corpulence, qui effectue sa
préparation physique tous les soirs, « je viens avec mes amis chaque soir pour
faire des exercices» dit Modou Ndiaye. Près de lui, son camarade Cheikh Mbaye
très attentif aux instructions du maître de séance fléchit ses jambes. En
allant vers le Centre-ville, l’autre côté de la plage regorge des footballeurs.
Les pieds nus et enfoncés dans le sable, ils courent tous derrière le ballon
dans cet espace reconverti en terrain d’entrainement compris entre les eaux
marines et une partie du talus qui forme la corniche.
Pendant que la plupart des jeunes se rendent à cet endroit
public pour des besoins sportifs, pour les retraités, c’est un point de
recueillement. «Rester seul ici me permet de méditer sur ma vie. Le bord de la
mer m’offre ce cadre et m’aide à le faire», affirme Abdou Sy tenant un livret à
la main. Assise sur un banc en béton rectangulaire face à la mer en scrutant l’horizon,
Fanta Seck, vêtue d’un tee-shirt court manche blanc et d’un pantalon jeans noir
confie qu’elle attend son conjoint. « C’est un bel endroit pour des
rendez-vous, pour passer du temps avec son amant et prendre de l'air. Il nous
arrive d’évoquer nos projets ».
Nombreuses des femmes rencontrées fréquentent cette place
pour rechercher la quiétude et le repos auprès de la femme à la flûte,
surnommée « Yaye Boye »* perchée sur la deuxième porte appelant au
rassemblement, à l'union, mais également à l’affection et à la consolidation
des liens. C'est aussi l'entrée dans l'industrialisation.
La bonne affaire des commerçants
Assis derrière sa marmite à café Touba, les mains posées sur
ses genoux, Ousmane Dia avoue que son activité connait une embellie le soir et
particulièrement en période de vacances scolaires. «Tout va bien depuis que je
vends ici et ce sera ainsi Inchallah. J’attends la période de canicule pour
diversifier mes marchandises ».
Des femmes assises sur des bidons et des sceaux devant les
tables vendent des arachides soit grillées soit bouillies. Tandis que des
enfants, bassines et passoires en main
vendent des sachets d’eau ou des jus de fruit en guise de rafraîchissement.
Aussi, sont-ils alignés sur les trottoirs que des vendeurs proposent des variétés de fruits disposées
dans les charrettes.
Cet endroit est lieu stratégique pour écouler ses fruits en
en croire Papa Laye, vendeur d’oranges, de bananes et pommes, « je vends ici
parce que les gens aiment bien venir se balader et faire du sport sur la corniche.
C’est bon pour les affaires ! »
Si les commerçants arrivent à gagner tant bien que mal leur
vie en écoulant leur produit sur la place de cet édifice. C’est l’absence des
clients qui règne du côté des photographes qui fréquentent ce lieu. C’est du moins
l’avis du photographe Malick Gueye. « 2001 était l’année des bonnes affaires.
Les visiteurs retournaient avec des cartes souvenirs. Aujourd’hui, c’est tout
le contraire. Il est possible de faire des journées sans clients »
témoigne-t-il d’un ton nostalgique. Le quadragénaire Alassane, vendeur au
village artisanal du marché Soumbédioune connait les mêmes difficultés. «
Actuellement, le site n’a plus le même intérêt auprès de la population qu’à son
inauguration ». En outre, « les décorations qui agrémentaient, embellissaient
et revalorisaient le site n’existent plus. Il n’y a presque plus rien sur le
site » renchérit-il.
Hommes, femmes et enfants envahissent les pavés du mémorial
réalisé par l’architecte Pierre Goudiaby
Atepa pour profiter des instants de partages et de convivialité autour des
discussions, du sport et autres. Cet
atout touristique reste une porte pour s’évader
comme sa dénomination l’indique par tout un chacun selon les besoins et l’utilité.