jeudi 28 mars 2013

Détente, sport et commerce à la porte


Située le long de la Corniche-Ouest sur  l'axe de l'avenue Malick Sy, la porte du 3e millénaire  inauguré le 03 avril 2001, est l’un des lieux où convergent nombres de personnes soit pour se détendre soit pour une activité économique.


La Porte du Millénaire
Monument de couleur beige composé de trois portes de taille différente où est assis sur la deuxième ouverture, une femme en or, trompette à la bouche faisant face à la mosquée omarienne Seydou Nourou Tall. L’espace destiné à contenir l’eau de la fontaine est sec et sert maintenant de dépotoir d’ordure.  

L’esplanade de 15 000 m²  présenté au public par le président Abdoulaye Wade aux côtés de Mohammed VI, roi du Maroc est « le point de ralliement de toutes les catégories sociales » dit l’enseignant Alioune Sarr, adossé sur le mur de la première porte, qui se rapporte à l'aventure humaine incarnée par le premier millénaire, qui constitue une acquisition des connaissances bénéficiant de moyens limités.

Diverses activités comme le sport, «les sportifs aiment ce lieu pour sa tranquillité et sa proximité avec la mer »  dit Modou Ndiaye, habitant de la Médina. Pour d’autres, l’envie de profiter  de la brise marine  justifie leur présence sur ce lieu comme l’atteste  Alpha Diallo, «  cette place nous permet de changer les idées et se souvenir du vieux temps. «  C’est l’endroit idéal», poursuit-il avec à un cure-dents en main.

Des hommes assis sur les marches au-dessus des desquelles sont placées des plaques de vitres où est écrit « La Porte du millénaire », échangent sur leurs activités de la semaine. «Nous nous rejoignons là pratiquement tous les jours pour sortir du quotidien de nos foyers », ajoute M. Diallo interrompant instantanément la conversation avec ses amis installés sous la troisième porte et la plus grande, qui symbolise  l'ère de la communication, le village planétaire. Tournée vers le monde, elle se veut aussi message d'espoir pour l’Afrique.   

Le samedi soir, dès le coucher du soleil, les banquettes installées tout le long des allées de ce monument sont presque toutes occupées. Une pancarte érigée sur laquelle est dessiné un homme en noir inscrit dans un cercle blanc,  barré par un trait rouge,  informe de l’interdiction à la baignade sur cette plage.

Plus loin sur la bande de sable, des athlètes, particulièrement des lutteurs tonifient leurs muscles sous la brise du soir et le bruit des vagues qui rongent peu à peu la petite falaise qui sert de sous bassement au monument. D’autres courent en file indienne puis exécutent des prises de lutte.  La sueur dégouline sur le visage du professionnel de lutte de forte corpulence, qui effectue sa préparation physique tous les soirs, « je viens avec mes amis chaque soir pour faire des exercices» dit Modou Ndiaye. Près de lui, son camarade Cheikh Mbaye très attentif aux instructions du maître de séance fléchit ses jambes. En allant vers le Centre-ville, l’autre côté de la plage regorge des footballeurs. Les pieds nus et enfoncés dans le sable, ils courent tous derrière le ballon dans cet espace reconverti en terrain d’entrainement compris entre les eaux marines et une partie du talus qui forme la corniche.

Pendant que la plupart des jeunes se rendent à cet endroit public pour des besoins sportifs, pour les retraités, c’est un point de recueillement. «Rester seul ici me permet de méditer sur ma vie. Le bord de la mer m’offre ce cadre et m’aide à le faire», affirme Abdou Sy tenant un livret à la main. Assise sur un banc en béton rectangulaire face à la mer en scrutant l’horizon, Fanta Seck, vêtue d’un tee-shirt court manche blanc et d’un pantalon jeans noir confie qu’elle attend son conjoint. « C’est un bel endroit pour des rendez-vous, pour passer du temps avec son amant et prendre de l'air. Il nous arrive d’évoquer nos projets ».

Nombreuses des femmes rencontrées fréquentent cette place pour rechercher la quiétude et le repos auprès de la femme à la flûte, surnommée « Yaye Boye »* perchée sur la deuxième porte appelant au rassemblement, à l'union, mais également à l’affection et à la consolidation des liens. C'est aussi l'entrée dans l'industrialisation.

La bonne affaire des commerçants

Assis derrière sa marmite à café Touba, les mains posées sur ses genoux, Ousmane Dia avoue que son activité connait une embellie le soir et particulièrement en période de vacances scolaires. «Tout va bien depuis que je vends ici et ce sera ainsi Inchallah. J’attends la période de canicule pour diversifier mes marchandises ».

Des femmes assises sur des bidons et des sceaux devant les tables vendent des arachides soit grillées soit bouillies. Tandis que des enfants,  bassines et passoires en main vendent des sachets d’eau ou des jus de fruit en guise de rafraîchissement. Aussi, sont-ils alignés sur les trottoirs que des vendeurs  proposent des variétés de fruits disposées dans les charrettes.

Cet endroit est lieu stratégique pour écouler ses fruits en en croire Papa Laye, vendeur d’oranges, de bananes et pommes, « je vends ici parce que les gens aiment bien venir se balader et faire du sport sur la corniche. C’est bon pour les affaires ! »

Si les commerçants arrivent à gagner tant bien que mal leur vie en écoulant leur produit sur la place de cet édifice. C’est l’absence des clients qui règne du côté des photographes qui fréquentent ce lieu. C’est du moins l’avis du photographe Malick Gueye. « 2001 était l’année des bonnes affaires. Les visiteurs retournaient avec des cartes souvenirs. Aujourd’hui, c’est tout le contraire. Il est possible de faire des journées sans clients » témoigne-t-il d’un ton nostalgique. Le quadragénaire Alassane, vendeur au village artisanal du marché Soumbédioune connait les mêmes difficultés. « Actuellement, le site n’a plus le même intérêt auprès de la population qu’à son inauguration ». En outre, « les décorations qui agrémentaient, embellissaient et revalorisaient le site n’existent plus. Il n’y a presque plus rien sur le site » renchérit-il.

Hommes, femmes et enfants envahissent les pavés du mémorial réalisé par l’architecte  Pierre Goudiaby Atepa pour profiter des instants de partages et de convivialité autour des discussions, du sport et autres.  Cet atout touristique reste une porte pour s’évader  comme sa dénomination l’indique par tout un chacun selon  les besoins et l’utilité.

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