Près de deux mois après sa nomination à la tête du gouvernement, Aminata Touré a prononcé son discours de politique générale. Elle est la onzième depuis l’indépendance du Sénégal. C’est une sorte de grand oral, prononcé à l’Assemblée nationale. Son objectif est de présenter et de défendre la politique du gouvernement auprès des députés. Mais quelle différence y a-t-il entre celle faite au Sénégal et la déclaration de politique générale au Gabon ?
Le discours de politique générale est une tradition de la Ve République en France. Mais elle n’est inscrite dans la constitution. Encore appelé Grand oral au Sénégal ou Prestation de serment au Gabon, l’acte reste le même.
Au Gabon, la Déclaration de politique générale du Premier ministre à l'Assemblée nationale, est régie par l’article 28a de la loi fondamentale. Il dispose qu’ «elle doit se faire 45 jours après la nomination du Premier ministre » avec obligation de la soumettre au vote de confiance.
Au Sénégal, pas de vote de confiance obligatoire mais cette pratique est instituée par l’article 5 de la constitution.
Cet exercice qui se veut républicain et démocratique, a valeur de symbole. En effet, c’est un moment qui met en relation deux pouvoirs : l’exécutif et le législatif.
Côté ambiance, le contraste est énorme. Au palais Léon Mba de Libreville, la solennité domine et c’est un passage facile pour le Premiers ministre. En effet, il est militant du parti au pouvoir, largement majoritaire à l’Assemblée Nationale avec de 118 députés sur 120.
Dans l’hémicycle du bâtiment de la place Soweto, l’atmosphère est différente. Les interventions des députés passent facilement des félicitations aux critiques virulentes. « Du réchauffé, du déjà entendu » ou encore celle de Fatou Thiam qualifiant le discours de Mimi Touré « d’imprécis, inodore, sans couleur, sans saveur et dépourvu de vision ». Une atmosphère chaude due à la présence de nombreux députés de l’opposition à l’assemblée nationale du Sénégal.
