mardi 29 octobre 2013

La déclaration de politique générale: Un exercice commun aux premiers ministre sénégalais et gabonais

Près de deux mois après sa nomination à la tête du gouvernement, Aminata Touré a prononcé son discours de politique générale. Elle est la onzième depuis l’indépendance du Sénégal. C’est une sorte de grand oral, prononcé à l’Assemblée nationale. Son objectif est de présenter et de défendre la politique du gouvernement auprès des députés.  Mais quelle différence y a-t-il entre celle faite au Sénégal et la déclaration de politique générale au Gabon ?

Le discours de politique générale est une tradition de la Ve République en France. Mais elle n’est inscrite dans la constitution. Encore appelé Grand oral au Sénégal ou Prestation de serment  au Gabon, l’acte reste le même.

Au Gabon, la Déclaration de politique générale du Premier ministre à l'Assemblée nationale, est régie par l’article 28a de la loi fondamentale. Il dispose qu’ «elle doit se faire 45 jours après la nomination du Premier ministre » avec obligation de la soumettre au vote de confiance.  

Au Sénégal, pas de vote de confiance obligatoire mais cette pratique est instituée par l’article  5 de la constitution.

Cet exercice qui se veut républicain et démocratique, a valeur de symbole. En effet, c’est un moment qui met en relation deux pouvoirs : l’exécutif et le législatif.

Côté ambiance, le contraste est énorme. Au palais Léon Mba de Libreville,  la solennité domine et c’est un passage facile pour le Premiers ministre. En effet, il est militant du parti au pouvoir, largement majoritaire à l’Assemblée Nationale avec de 118 députés sur 120.

Dans l’hémicycle du bâtiment de la place Soweto, l’atmosphère est différente. Les interventions des députés passent facilement des félicitations aux critiques virulentes. « Du réchauffé, du déjà entendu » ou encore celle de Fatou Thiam qualifiant le discours de Mimi Touré « d’imprécis, inodore, sans couleur, sans saveur et dépourvu de vision ». Une atmosphère chaude due à la présence de nombreux députés de l’opposition à l’assemblée nationale du Sénégal. 

samedi 12 octobre 2013

Radio-Gabon : "une doyenne" qui doit toujours faire ses preuves ?



Radio-Gabon est créée en 1959. Mais les textes posant les bases de ce média remontent au 8 octobre 1957 avec l’acquisition et l’installation des stations d’écoute dans les Etats sous administration coloniale. Cette radio a remplacé la Radio de l’Afrique Equatoriale française, qui elle fut créée en 1946 à Brazzaville. Le Gabon figure donc parmi les pays africains disposant d’une radio sous l’administration coloniale.

Depuis 1963, date de création de la télévision, Radio-Gabon et la chaîne de télévision aujourd'hui appelée Gabon-Télévision, font parti de l’entreprise RTG1, du moins jusqu’à l’application des décrets portant création, organisation et fonctionnement de ces médias prévue en 2015 selon le ministre de la communication. Ce sont donc deux sœurs qui comme leur personnel se côtoient chaque jour d’autant qu’elles sont logées dans le même bâtiment : la Maison Georges Rawiri.

Cependant, des faits qui semblent banaux attirent l’attention. Pour les visiteurs qui prennent le temps de scruter la devanture de la Maison Georges Rawiri, constateront sans effort que sur les mâts situés à l’entrée principale de ce complexe, que le drapeau du Gabon et l’étendard de Gabon-Télévision. Celui de Radio-Gabon brille par son absence. Le constat est le même dans le hall du bâtiment.

En interne, toutes les demandes de couverture médiatique adressées à la direction générale de la RTG portent toujours la mention « Gabon-Télévision » alors que les deux chaines ont un seul et même directeur général.

Sur le terrain, les interlocuteurs accordent plus de crédit aux journalistes de télévision. Une situation conjoncturelle due certainement au fait que les gens préfèrent voir et regarder au détriment de la lecture ou de l’écoute.  

Est-ce là, un signe d’alerte à la radio qui perd sa notoriété au point de se faire méconnaître alors qu’elle reste le média qui permet d’informer les plus grand nombre de Gabonais, la télévision n’étant pas accessible à tous ? Ou est-ce simplement un appel à la radio qui doit continuellement se battre pour redorer son blason de « doyenne » des radios gabonaises ?

L’amélioration des programmes proposés à ses auditeurs pourrait constituer une piste de sortie de cette situation.