Le site
d’information ‘’Gabon Eco’’ rapporte dans son article ‘’Eradication du paludisme au Gabon : une piste possible après la
visite d’Ali Bongo Ondimba à Cuba’’, publié le 03 octobre que le président
de la République envisage l’éradication de la pandémie du paludisme dans notre
pays.
‘’Le Chef de
l’Etat, convaincu par l’efficacité de la méthode cubaine, est rentré au Gabon
avec la signature d’une convention portant, entre autres, sur la création d’un
programme de contrôle du paludisme et de ses vecteurs au Gabon’’, a noté Gabon
Eco.
Le site ajoute
que pour Labiofam (laboratoire cubain), ‘’il faudrait privilégier la prévention
en tuant le mal à la racine’’. Car comme dit ce dicton bien connu: ‘’il
vaut mieux prévenir que guérir’’.
L’objectif
global est de détruire l’environnement propice à la reproduction des moustiques
anophèles, vecteurs de la maladie, par l’assainissement des milieux aquatiques,
lieux de prédilection pour leur reproduction.
Le Gabon va
ainsi bénéficier du savoir-faire et de l’expertise de Cuba réputé pour son
système sanitaire très performant en matière de santé, qui a déjà éliminé cette
maladie de son territoire.
Et si cet objectif
est atteint - le cas dans les Émirats
arabes unis (2007), au Maroc (2010), au Turkménistan (2010) et en Arménie
(2011), 4 pays où l’élimination a été certifiée dans par le Directeur général de l’OMS- les
populations ne vont plus investir dans l’achat des moustiquaires imprégnées,
des insecticides, et surtout les sommes destinées à la lutte contre le
paludisme et à la recherche d’un vaccin
serviront pour d’autres pandémies ou épidémies.
Ce sera sans
doute une grande victoire pour le système sanitaire gabonais.
Cette piste
est certes une bonne nouvelle pour les populations gabonaises qui pourront
enfin jouir d’une meilleure santé, comme l’indique le site, d’autant plus qu’il n’existe actuellement aucun vaccin
homologué contre le paludisme.
Mais ‘’faut-il +réellement+ entretenir le rêve d’une éradication?’’,
s’interrogeait Sonia Shah, journaliste auteure de The Fever : How
Malaria Has Ruled Humankind for 500,000 Years.
L’Organisation
mondiale de la santé (OMS) définit l’élimination du paludisme comme
l’interruption de la transmission locale de la maladie véhiculée par le
moustique dans une zone géographique déterminée, c’est-à-dire une incidence de
zéro cas contracté localement. L’éradication est définie comme une incidence
mondiale permanente de zéro cas de paludisme causé par un agent déterminé et
s’applique donc à une espèce particulière de parasite (sachant que quatre types
de paludisme sont répertoriés).
Parmi (sur la
liste) les pays ayant réussit cette exercice, aucun pays de la zone équatoriale
ou tropicale n’y figure. Ce sont en particulier des territoires où la transmission de la maladie est faible et
instable. Le progrès vers l’élimination du paludisme a été facilité par ce
facteur.
Le Gabon est
traversé par l’équateur qui lui donne un climat caractérisé par la chaleur et
l’humide. La forêt dense couvre les 80% du territoire. Il dispose d’un vaste
réseau hydrographique (fleuves, rivières, lacs, marigots, marécages…) et les
précipitations sont abondantes et tombent au 9 mois par an. Les potentiels
lieux de reproduction des moustiques au Gabon : la forêt (80% du
territoire), le réseau hydrographique très dense, le climat équatorial chaud et
humide.
Bien que ces
éléments constituent des avantages pour ce pays d’Afrique centrale, il (le
Gabon) reste tout de même, un potentiel lieu de développement des moustiques
qui sont à l’origine de cette pandémie. Il réunit presque toutes les conditions
nécessaires, de là nait la difficulté sus mentionnée.
Le cas par
exemple des bassins versants, des ordures ménagères et le mauvais état des
canalisations des eaux usées ou pluvieuses de Libreville qui sont très mal
entretenus.
L’idée
d’éradication du paludisme suppose donc le traitement de ce vaste ensemble des
milieux où des anophèles se développent. Mais c’est lieux ne sont pas pour la
plupart répertoriés.
Si le
président compte bien mettre en œuvre ce projet, il devra donc l’inscrire sur
le long terme – avec toutes ses difficultés- et nécessitera une enveloppe
considérable.
L’OMS a initié des projets d’éradication de cette maladie à partir de 1955 mais ils ont été très vite
abandonnées et les résultats attendus loin d’être atteints, malgré les
investissements de la fondation Gates, du groupe pétrolier Exxon Mobil [...].