mercredi 19 septembre 2012

Gabon: Les hommes d’église et les faits divers

Photo : Achille Patrick Dindoumou, L’Union.
 A lire les deux quotidiens gabonais, je suis tenté de me poser la question : Où va l’église avec ces faits divers qui font presque chaque année les choux gras de la presse ?

Ces deux journaux suivent le cours de l’enquête et consacrent une bonne place dans leurs colonnes à  l’ ’’affaire Darlène Boussougou’’, jeune fille qui fréquentait l’église du Christianisme céleste du PK5 dans le deuxième arrondissement de Libreville, retrouvée motre, ligotée et enterrée dans la maison de Joseph Moukétou.

‘’Interrogé dans le cadre de l’enquête de la jeune Darlène Boussougou à l’église du christianisme céleste du PK5, le pasteur Joseph Moukétou a rejeté les accusations portées contre lui par Rodrigue Assoumou (27 ans amant et présumé assassin), indiquant qu’il était absent de Libreville au moment des faits. L’amant de la victime, de son côté, a changé de version. Un véritable sac d’embrouilles’’, renseigne L’Union (du 19 sept).

L’église de ce pasteur a été complètement brûlée par les parents de la victime manifestant leur colère.

Le deuxième quotidien, Gabon matin du même jour, titre ‘’Les crimes rituels qui entre dans l’église !’’  .
‘’Les temples, les chapelles et autres où l’on dit prier Dieu, continueront-ils, au Gabon, à être perçus comme des cercles vertueux ou deviendront-ils définitivement, aux de l’opinion, des cercles vicieux et pernicieux où les prêtres, pasteurs, évangélistes, bishops et autres gourous utilisent ‘’les enfants de Dieu’’ n’ont plus seulement comme les bâtisseurs de leurs fortunes personnelles, mais aussi comme des objets pour assouvir leurs plaisirs et leurs désirs les plus fous ?’’, s’interroge le quotidien.

‘’Comment expliquer à un fidèle que pour devenir serviteur de Dieu il a fallu tuer ?’’, poursuit le journal dans son élan d’indignation.

L’article mentionne l’exhumation, lundi à Libreville, du corps de la victime [Darlène Boussougou] ligotée et enterrée dans une pièce de la maison du prédicateur de la congrégation chrétienne.

Selon Gabon matin, cette exhumation ‘’a mis en lumière le caractère douteux de la moralité de nombreux prétendus ministres de Dieu, qui s’illustrent depuis assez  longtemps par des actes hautement condamnables, devant conduire les pouvoirs publics à mettre de l’ordre dans un milieu profondément rongé par le vice’’.

Dans cette affaire, l’inhumation du cadavre dans l’une des pièces de la maison du pasteur reste tout de même un signe de son implication à moins que son alibi soit solide et inébranlable.

La prolifération des églises opérée au Gabon ces dernières décennies apporte autant de bien que de mal dans ce pays laïque qui reconnais la liberté de culte dans sa constitution.

Gabon matin indique que ‘’la première raison qui peut expliquer ce phénomène récurrent est la création anarchique des maisons de culte, qui ont poussé, ces dernières années, comme des champignons à Libreville et l’intérieur du pays’’. 

L’église s’écarte peu à peu de ses missions premières et les promoteurs ne respectent plus les règles administratives pour l’ouverture d’un lieu de culte.

On se souvient encore des faits divers de l’année 2008 perpétrés par des leaders des églises avec leurs conséquences sur la religion chrétienne.

Nombre de nos compatriotes trouvent parfois refuge auprès des églises pour surmonter leurs difficultés avec l’assistance des prières des ‘’frères et sœurs en Christ’’. Mais lorsque ils sont auteurs présumés (ou impliqués) dans de tels actes c’est toute la congrégation qui empathie.

Il faut désormais ‘’mettre fin à la chienlit dans le milieu des églises’’, un phénomène qui devient de plus en plus préoccupant car ‘’les harcèlements sexuels, viols et autres crimes ou actes   répréhensibles liés à la sexualité, deviennent une pratique banale et courante au sein de la communauté des  ministères  de Dieu, censées pourtant enseigner « l’Evangile de Dieu » aux fidèles’’.

Ils sèment la honte et la désolation.


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